Comment changer d'abonnement ? + un cadeau
Tout d’abord, un point technique. La plateforme Kessel d’infolettres n’est pas très “smart” concernant le changement d’abonnement. Si vous êtes abonné·e gratuitement (et je vous en remercie, il y aura toujours du contenu ouvert) et que vous souhaitez passer à un abonnement payant (pour profiter pleinement du travail d’exploration au sujet du style), il faut vous désabonner complètement ! Puis revenir sur la page d’accueil de ma lettre, et choisir la formule. L’équipe de développement de Kessel est sur le coup, ils reconnaissent que ce n’est pas très pratique, et la modification de formule devrait pouvoir se faire directement depuis votre “tableau de bord” sous chacune des lettres que vous suivez, mais aussi depuis les lettres elles-mêmes et enfin à l’intérieur d’icelles depuis un lien venant directement du mail. Peut-être est-ce que cela aura été fait au moment où vous lirez cette lettre ?
La résolution n’a pas changé : une lettre complète, fouillée, de plus de 10000 signes, chaque mois, réservée. Et d’autres lettres aléatoires, libres et gratuites, pour compléter ou digresser.
Enfin, le cadeau de fin d’année, c’est un avant-goût d’un projet en cours, qui nécessite une détermination digne d’une bonne résolution. Il s’agit d’écrire Paris centimètre par centimètre. Voici le premier texte que j’ai écrit cet été pour le projet Par-là Paris de L’aiR Nu, publié discrètement sur Instagram au mois d’août, je le publie ici, réécrit, d’autres pourront suivre si l’idée vous paraît intéressante ?
(En regard de ce texte, vous pouvez aller écouter ici Alain, un habitant du quartier qui nous transmet sa connaissance de l’arrondissement au cours de la balade.)
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18e, Rues de l’Olive, Torcy, Guadeloupe et Martinique.
Dans la halle du Marché de l’Olive, de son véritable nom Marché de la Chapelle, les boutiques fermées sont protégées par des rideaux en cotte de mailles. On voit les étagères, le bar ou l’étal au travers, mais la barrière molle et métallique est infranchissable. En cotte de mailles: c’est-à-dire que des anneaux sont pris les uns dans les autres, selon le procédé millénaire des chaînons de la chaîne — sauf que ronds et non pas ovales, et seulement d’un centimètre de diamètre. On se figure la chaîne horizontale, les ovales pris les uns dans les autres avec une alternance d’inclinaisons forcée par l’épaisseur du métal. Or, ici, il y a en plus une emprise verticale. Chaque cercle de métal est solidaire non pas de deux, mais de quatre cercles voisins. À ses quatre coins, si je puis dire, les cercles n’ont pas de coin, mais on visualise aisément un cercle central au milieu de quatre autres qui s’y attachent en haut à gauche, en haut à droite, en bas à gauche et en bas à droite, sorte de quinconce croisé, le procédé se répétant en grille, en grillage, brouillant le regard quand on s’approche. Et si l’on défloute sa vue, on aperçoit les fines soudures qui ont permis ce miracle de faire tenir une première forme fermée à l’intérieur de quatre autres, chacune étant prise à son tour de la même manière. On s’y perd et, ce faisant, par l’examen minutieux et totalement inutile, nous sommes bien tenus à l’écart de la boutique, pourtant accessible si l’on soulevait ce qui reste au fond un simple rideau ondulant et qui, comme la cotte médiévale, ne semble pas protéger beaucoup, seulement symboliquement : et c’est ce qui fait toute la beauté de ce rideau de fermeture du Marché de l’Olive, de son véritable nom Marché de la Chapelle.
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Cette photo a été prise lors d’une autre déambulation, en novembre, le son le plus proche de l’image que l’on peut écouter se trouve rue de la Soli’.