Pour finir une année et préparer la suivante

Comment changer d'abonnement ? + un cadeau

La Lettre dispersée
3 min ⋅ 26/12/2025

Tout d’abord, un point technique. La plateforme Kessel d’infolettres n’est pas très “smart” concernant le changement d’abonnement. Si vous êtes abonné·e gratuitement (et je vous en remercie, il y aura toujours du contenu ouvert) et que vous souhaitez passer à un abonnement payant (pour profiter pleinement du travail d’exploration au sujet du style), il faut vous désabonner complètement ! Puis revenir sur la page d’accueil de ma lettre, et choisir la formule. L’équipe de développement de Kessel est sur le coup, ils reconnaissent que ce n’est pas très pratique, et la modification de formule devrait pouvoir se faire directement depuis votre “tableau de bord” sous chacune des lettres que vous suivez, mais aussi depuis les lettres elles-mêmes et enfin à l’intérieur d’icelles depuis un lien venant directement du mail. Peut-être est-ce que cela aura été fait au moment où vous lirez cette lettre ?

La résolution n’a pas changé : une lettre complète, fouillée, de plus de 10000 signes, chaque mois, réservée. Et d’autres lettres aléatoires, libres et gratuites, pour compléter ou digresser.

Enfin, le cadeau de fin d’année, c’est un avant-goût d’un projet en cours, qui nécessite une détermination digne d’une bonne résolution. Il s’agit d’écrire Paris centimètre par centimètre. Voici le premier texte que j’ai écrit cet été pour le projet Par-là Paris de L’aiR Nu, publié discrètement sur Instagram au mois d’août, je le publie ici, réécrit, d’autres pourront suivre si l’idée vous paraît intéressante ?

(En regard de ce texte, vous pouvez aller écouter ici Alain, un habitant du quartier qui nous transmet sa connaissance de l’arrondissement au cours de la balade.)

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18e, Rues de l’Olive, Torcy, Guadeloupe et Martinique.

Dans la halle du Marché de l’Olive, de son véritable nom Marché de la Chapelle, les boutiques fermées sont protégées par des rideaux en cotte de mailles. On voit les étagères, le bar ou l’étal au travers, mais la barrière molle et métallique est infranchissable. En cotte de mailles: c’est-à-dire que des anneaux sont pris les uns dans les autres, selon le procédé millénaire des chaînons de la chaîne — sauf que ronds et non pas ovales, et seulement d’un centimètre de diamètre. On se figure la chaîne horizontale, les ovales pris les uns dans les autres avec une alternance d’inclinaisons forcée par l’épaisseur du métal. Or, ici, il y a en plus une emprise verticale. Chaque cercle de métal est solidaire non pas de deux, mais de quatre cercles voisins. À ses quatre coins, si je puis dire, les cercles n’ont pas de coin, mais on visualise aisément un cercle central au milieu de quatre autres qui s’y attachent en haut à gauche, en haut à droite, en bas à gauche et en bas à droite, sorte de quinconce croisé, le procédé se répétant en grille, en grillage, brouillant le regard quand on s’approche. Et si l’on défloute sa vue, on aperçoit les fines soudures qui ont permis ce miracle de faire tenir une première forme fermée à l’intérieur de quatre autres, chacune étant prise à son tour de la même manière. On s’y perd et, ce faisant, par l’examen minutieux et totalement inutile, nous sommes bien tenus à l’écart de la boutique, pourtant accessible si l’on soulevait ce qui reste au fond un simple rideau ondulant et qui, comme la cotte médiévale, ne semble pas protéger beaucoup, seulement symboliquement : et c’est ce qui fait toute la beauté de ce rideau de fermeture du Marché de l’Olive, de son véritable nom Marché de la Chapelle.

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Cette photo a été prise lors d’une autre déambulation, en novembre, le son le plus proche de l’image que l’on peut écouter se trouve rue de la Soli’.

La Lettre dispersée

Par Joachim Séné

Joachim Séné est né sur les terres sans radioactivité notoire de Picardie vers 1975. Après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur informatique, de banlieue en banlieue, il a traversé plusieurs fois la Seine, puis la Marne, où il laisse désormais son empreinte carbone. Il a travaillé onze ans comme développeur dans le privé, avant de se mettre à son compte, pour développer des sites web pour la littérature, et écrire.

Il a publié Disparitions, Apparitions en 2025, La Boucle impossible avec Anne Savelli en 2024, L’Homme heureux en 2020 au sujet des câbles sous-marins qui transmettent et mélangent nos données (avec d’autres formes possibles). Village qui traverse plusieurs fois un village dans un pays plat, et rêve de ville. Sans et C’était dans l’open-space et comment en sortir. Arthur Maçon est l’histoire du premier homme. La crise (rééditée et suivie de Je ne me souviens pas, en 2017) qui explore les mots du pouvoir et se poursuit dans une anticipation poétique. Le tout chez Publie.net. Depuis 2019 son livre en trois coupes, Équations football (chez D-Fiction), n’est plus disponible. Tous les livres.

Il écrit régulièrement dans son Journal éclaté sur jsene.net (l’ancien site, Fragments, chutes et conséquences a tendance à disparaître sous l’effet de la patine numérique) et irrégulièrement dans la revue remue.net avec des algorithmes. En programmant il lui est arrivé de travailler avec Philippe de Jonckheere, ici, ou avec la Marelle sur un prototype de Bruits pour Anne Savelli.

Il anime enfin un site de renumérisation relire.net. Ainsi que, depuis 2015, le site de créations sonores et littéraires L’aiR Nu avec Anne Savelli, Pierre Cohen-Hadria, Gilda Fiermonte et Thierry Beinstingel et d’autres, site qui propose une librairie libre de livres numériques en co-écriture, sur la ville.